mardi 14 février 2012

Magazines : lecture gratuite pour tous

Cela fait plusieurs années que nous assistons à une véritable régression de la presse écrite paintball. Un à un, les magazines ont cédé du terrain face à l'assaut du numérique jusqu'à presque totalement disparaître - dans un premier temps concurrencés par les sites et les forums communautaires puis dernièrement par les réseaux sociaux. Cependant un autre phénomène est apparu il y a peu, l'émergence de magazines de paintball online.

Si nous faisons un rapide état des lieux, deux magazines online sortent du lot et n'ont pas sombré depuis leur lancement, il s'agit de Splat Magazine [lien] et PaintballX3 [lien] qui s'est même offert le luxe il y a quelques mois de lancer une version européenne [lien]. Ces magazines de paintball, ont la particularité d'être offerts aux lecteurs en trouvant leur financement grâce aux encarts publicitaires vendus auprès des annonceurs.

D'ailleurs, on touche du doigt l'une des contraintes de ces publications, le nombre incroyablement élevé de publicités, en général près de 50% du nombre total de pages. Cela dit, Facefull, l'un des rares rescapés de la presse écrite comptait lui aussi un bon tiers de son contenu réservé aux encarts pleine page - J'avoue ne pas savoir ce qu'il en est aujourd'hui, je n'ai pas relancé mon abonnement suite aux déboires de la société à livrer le mag' ou tout simplement à le faire paraître.

Cette semaine, un nouvel acteur apparaît dans ce modèle jusqu'à présent très anglo-saxon. Il s'agit du magazine Grip Paintball [lien]. D'origine lisboète, ce magazine a pour ambition de couvrir tous les évènements du Millennium Series et de faire paraître dans les deux semaines suivant chaque évènement le magazine. Pour les curieux qui auront cliqué sur le lien de l'outsider, vous aurez noté que le site est en ... portugais. Toutefois, le magazine aura sa version anglaise afin de s'ouvrir à un public plus important mais surtout de trouver un financement par le biais des sacro-saints annonceurs. Un exemple du mag' en langue anglaise peut-être lu en suivant ce lien.

La multiplication de ces magazines soulève quelques questions. Est-ce que le marché du paintball renoue avec la croissance au point de pouvoir proposer à nouveau des publications mensuelles et mobiliser une dizaine de personnes par titre ? Combien de lecteurs régulier compte les différents magazines - Splat et PaintballX3 comptent entre 8000 et 9000 membres sur leur page Facebook mais lisent-ils réellement tous le mag' en question ? Et surtout, y-a-t-il encore une place pour des publications plus classiques alors que les joueurs et les internautes de façon plus générale accordent de moins en moins de temps à la lecture sur le net ?

Des éléments de réponse pourraient peut-être se trouver du côté de Frost Publication éditeur de l'illustre XPaint, seule publication papier de qualité dans le milieu paintball. Avec la diversification de leur gamme : magazine dédié au woodsball* et plus récemment un autre dédié au softair, on peut se demander si la seule publication paintball dédiée à la compétition était suffisante à maintenir l'éditeur sur pieds.

mercredi 8 février 2012

Octopussy

Le billet du jour s'inspire directement d'une publication parue sur le blog View from the Deadbox (VFTD) et met en lumière la nature ambigüe des relations entre la société Adrenaline Games et sa branche Sup'Air Ball avec le monde de la compétition et les principaux promoteurs de tournois de paintball.

J'ai écris l'introduction de ce billet la semaine dernière déjà et depuis - oui je prends mon temps pour écrire un sujet - la situation a évoluée de façon plutôt surprenante sur les forums et blogs US consacré au paintball. Une véritable levée de boucliers parcours aussi bien les joueurs, les propriétaires de terrains et d'équipes évoluant au plus haut niveau.

Ce qui a mit le feu au poudre est l'annonce d'un nouveau kit d'obstacles gonflable de la part de Sup'Air Ball en vue de la reprise de la saison 2012 dans quelques semaines. Plutôt étrange me direz-vous lorsque l'on sait que la société de L. Hamet - oui encore lui, créateur entre autre, du circuit européen de paintballMillennium Series - procède tous les ans de la même façon.

Pour quelle raison se prennent-ils donc la tête uniquement cette année, si cette opération est reconduite tous les ans depuis plus de dix ans ? Tout simplement car pour la première fois, les joueurs ont eu la confirmation que Sup'Air Ball impose les changements d'obstacles à la ligue la plus importante au monde - la PSP - et de ce fait, oblige une bonne centaine de propriétaires de terrain à acheter leur kit pour pouvoir suivre les évolutions des ligues et ainsi conserver les joueurs fréquentant leur terrain.

Le représentant de la société Sup'Air Ball a tenté de calmer les ardeurs des internautes en intervenant directement sur le forum PB Nation et en traitant tout simplement de menteur l'une des figures les plus en vue actuellement aux US, le coach des Tampay Bay Damage [lien]. Manque de pot, il s'est très vite fait refoulé par un autre utilisateur qui a retrouvé une déclaration du représentant du circuit PSP affirmant il y a une semaine qu'il n'avait aucune idée des obstacles qui allaient être présenté cette année, et que la ligue n'avait aucune influence sur la décision d'ajouter ou modifier des obstacles [lien]. Depuis c'est le silence radio côté Sup'Air Ball.

Au delà de l'énorme couac au niveau communication, c'est aussi leur crédibilité et honnêteté qui est remise en cause sur le marché du paintball US. Les commentaires se multiplient bien évidemment un peu partout sur la toile, et de plus en plus de voix réclament une solution alternative à Sup'Air Ball.

Malheureusement, il y a peu de chance qu'un changement intervienne dans l'immédiat ou à l'avenir, la société mère, Adrenaline Games est un sponsor primordial pour la PSP. Encore une fois, nous retombons sur un travers que j'ai déjà cité à plusieurs reprises dans mes billets, à savoir la concentration extraordinaire des décisionnaires et des intérêts dans notre activité, qui rend pour ainsi dire impossible, un marché sain et transparent.

vendredi 3 février 2012

Rachat Procaps - ITV Richmond Italia

L'interview de Richmond Italia a été effectué il y a près de 10 jours par le site BuyPBL. Avec un peu de retard, voici sa retranscription et sa traduction. Vous ne retrouverez pas l'intégralité de l'ITV  mais seulement les grandes lignes, j'ai fait abstraction de certains points qui n'ont pas d'influence direct sur le marché européen.

Un petit retour en arrière s'impose avant tout, et réaliser une petite bio du personnage ne sera pas du luxe pour les éventuels nouveaux qui ont débarqués il y a peu sur la planète paintball.

Biographie

Richmond Italia, originaire de Montréal a commencé comme beaucoup d'entrepreneurs dans le milieu en tant que simple joueur de paintball. Après avoir fréquenté avec assiduité un terrain, il décide de se lancer à son tour en partenariat avec ledit terrain et finira au final par posséder un terrain indoor et quatre autres terrains outdoor. Au même moment il décide de se lancer dans la distribution de billes et commence à en importer. Il faut savoir qu'à cette époque, les billes étaient produites par des usines appartenant à des groupes pharmaceutique, ce qui finira par le décider à monter sa propre ligne de production. Procaps est né.

Ayant entre temps tissé des liens étroits avec certains grands noms du milieu et ayant joué pour la fine fleur des équipes de paintball américaines telles que Bushwackers, Avalanche, Image, Revolution, R. Italia trouvera un canal de distribution tout trouvé pour s'implanter sur le marché US. Le rouleau compresseur était en marche.

Business

Sans surprise, R. Italia confirme que nous évoluons dans un marché de niche, mais que celui-ci est ultra-dynamique avec l'arrivée régulière de nouveaux acteurs. Ce qui surprend toutefois, c'est le fait qu'il va à contre-courant du discours des autres géants de l'industrie en affirmant que le marché du paintball n'est plus en crise. Il admet que les années 2009 et 2010 ont été difficiles mais que le marché s'est stabilisé durant l'année écoulée et qu'une reprise est d'ores et déjà prévue pour 2012. Il affirme également que des entrepreneurs sont en cours de réinvestissement sur le marché.

Concernant une probable interférence entre ses deux sociétés, à savoir GI Sports et Procaps//Draxxus, il dit n'avoir aucune crainte que l'une ou l'autre cannibalisent mutuellement leurs ventes en raison de l'approche bien distincte de ces deux sociétés. GI Sports possède d'ores et déjà une base clientèle et un réseau de distribution bien à elle et n'aura par conséquent aucun effet sur Procaps.

Concernant Procaps, R. Italia compte faire table rase des décisions prises par son prédécesseur ces cinq dernières années et de revenir à la formule qui a fait le succès de la société par le passé, c'est à dire de mettre l'accent sur la très haute qualité des produits. Il désire faire à nouveau de la bille Hellfire, la référence absolue pour la bille de compétition de paintball.

Il profite de cette interview pour annoncer que de nouveaux produits inédits devraient arriver dans les mois à venir. Ces premiers produits seront des protections pour les joueurs et incluront de réelles innovations, qui bien évidemment devraient pousser à l'achat.

Il évoque ensuite le cas du calibre .50 qui a été annoncée par GI Sports il y a deux ans comme le futur standard sur les terrains de paintball. Il réfute la mort de ce produit et déclare que ce calibre, mois après mois, gagne de nouveaux adeptes. La raison principale de la non adoption massive du calibre .50 serait dû au coût trop important qu'engendre le changement de parcs de lanceurs par les propriétaires de terrains. Cependant, il reste confiant en l'avenir.

Sur le plan des partenariats, R. Italia promet de faire de Procaps à nouveau le leader en terme de soutient des équipes et indique que son entreprise sera celle qui reversera le plus d'aide aux équipes pour les saisons à venir.

L'interview de R. Italia prend fin sur un commentaire concernant l'absence de fusion entre les deux principaux circuits de paintball US : la PSP et la NPPL. Il se dit extrêmement déçu de l'absence de deal et n'y va pas par quatre chemins en dévoilant que les distributeurs ne peuvent plus se permettre d'être présent sur les deux circuits. Il estime que les circuits se sont tout simplement tiré une balle dans le pied.

 

Source : ProPaintball (en)

jeudi 2 février 2012

Vers une règlementation des terrains ?

Le dernier sujet de la semaine (SDLS) posté sur le site paintball-news.fr évoque la possibilité pour le paintball français d'adopter une charte qualité pour les sites de jeu.

Outre le fait que je n'ai absolument rien compris à l'analogie entre le lait et les terrains de jeu, je ne peux que reconnaître que nous avons un besoin urgent d'une règlementation pour les professionnels accueillant du public sur leurs terrains.

Cela fait trente ans que le paintball existe en France et honnêtement les seules services et infrastructures qui ont été améliorés depuis ses débuts sont ceux pouvant rapporter de l'argent au propriétaire d'un terrain. Tout ce qui touche au confort des joueurs ou des spectateurs (haha !) est anecdotique.

Comme Matt' le faisait remarquer dans son article, la question récurrente dans la bouche des nouveaux venus dans le monde du paintball est : "Où sont les toilettes ?" Est-ce que ça ne choque vraiment personne qu'aucune enseigne digne de ce nom et présente depuis plus de vingt ans sur le marché ne soit toujours pas équipée ?

Certes les coûts engendrés par un raccordement au système de la commune est excessif, mais n'importe quelle enseigne sérieuse est en mesure d'effectuer ce type d'investissement. Il ne s'agit ici que de mauvaise volonté. Petite réflexion à deux balles : Si depuis 20 ans, chaque professionnel avait mis 1€ de côté par client ayant fréquenté leur terrain, ne pensez-vous pas qu'ils auraient eu les moyens aujourd'hui de mettre en place certaines commodités ?

Cela me rappelle l'époque où les terrains de paintball proposant du turf n'existaient pas en France en raison d'un coût prohibitif. Il a simplement fallu qu'une personne arrive sur le marché en proposant ce produit associé à un concept pour que dans la foulée tous les autres trouvent soudainement des fonds et ne se mettent à en proposer aussi. Ça ne vous rappelle pas le discours de trois grosses sociétés en France face à un nouvel acteur ?

Cela m'amène cependant à une autre idée dégagée par le SDLS, celle qui veut que la non adoption de ces normes n'affectera pas les plus petits acteurs.

L'attribution d'une note aux terrains de paintball par un organisme, provoquera irrémédiablement la disparition des infrastructures les plus faibles. Quel client lambda choisirait un terrain avec une étoile quand deux autres terrains 5 étoiles sont présent dans la région ? Pensez-vous que des parents ne préfèrent pas réaliser 30 minutes de trajet supplémentaire pour un meilleur établissement pour leurs enfants? Je vous laisse seul juge.

Ne vous méprenez pas, je suis on ne peut plus d'accord avec la mise en place d'un label qualité pour les terrains de paintball. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser que la plupart des mesures proposées ou qui seront proposées, pourraient déjà être en place depuis belle lurette.

samedi 28 janvier 2012

Sur place ou à emporter ?

Vivre sa passion en dehors des terrains s'est pendant très longtemps limité à la lecture des magazines de paintball ou encore aux sites internet devant un écran d'ordinateur. La démocratisation des smartphones et des tablettes permet aujourd'hui d'envisager de rester proche de toute la hype entourant le paintball n'importe où et n'importe quand. Petit tour d'horizon.

* * * Disclaimer * * *

Ayant une - légère - attirance pour le matériel marqué de la pomme, je ne traiterai que de ce que je connais, à savoir la plateforme iOS. Si des volontaires veulent se charger de la plateforme Androïd, n'hésitez pas à intervenir dans les commentaires.

* * *

Si vous désirez coller à vos anciennes habitudes et continuer à lire votre mag' de paintball préféré - pas dur, il n'y en a qu'un seul de toute façon - sachez que l'équipe très prolifique de Frost Publication a sorti il y a quelques semaines la version iOS  de leur magazine XPaint (iPad - Gratuit), très bien sous presque tout rapport (un fâcheux bug empêche la lecture des magazines si vous n'êtes pas connecté en wifi, dommage pour les trajets sans connexion).

Du côté des forums, il n'y a guère que le géant américain PB Nation (iPad/iPhone - 1,59€) qui propose une application dédiée et qui est là pour simplifier la vie des utilisateurs du forum sur tablette. L'application est extrêmement bien réalisée et très ergonomique, cela dit, la partie cosmétique mériterait qu'ils s'y penchent un peu plus,. A noter que leur forum tournant sous vBulletin est tout à fait utilisable sur une tablette, vous pouvez parfaitement vous passer de dépenser ces 1,59€.

Toujours côté internet, et c'est une surprise, une application que j'ai découvert aujourd'hui et édité par CAMP (iPhone - Gratuit), la boutique parisienne de paintball - tout va bien elle n'est sorti qu'au mois d'Avril 2011 … L'application est plutôt bien réalisée tant sur le plan technique que graphique. Vraiment agréable à l'utilisation, elle permet de se tenir au courant de l'actualité de la boutique, de différents tournois et comporte aussi une section boutique (avec un produit au moment où j'écris ces lignes). Dommage qu'il n'y ai pas plus de news, on sent un petit essoufflement au niveau des mises-à-jour.

On aborde ici un véritable must have pour tous ceux qui se font un devoir de perdre, endommager, brûler leurs manuels de matériel de paintball. Je veux bien évidemment parler du très pratique PB Manuals (iPad/iPhone - 0,79€). Cette application vous permet tout simplement d'avoir accès au manuel de n'importe quel lanceur ou loader distribués ces dernières années. Deux solutions pour avoir accès aux manuels : consulter le manuel désiré en ligne à travers l'application, ou alors consulter les manuels hors-ligne à la condition que vous les ayez téléchargé précédemment - toujours par le biais de l'application. On regrettera toutefois une navigation pas toujours évidente lorsque le manuel comporte plusieurs dizaines de pages, ils auraient pu penser à un index, ce sera peut-être pour une prochaine MAJ.

Dernière sélection de mon Top 5 des applications paintball à posséder : Field Designer (iPhone - 4,99€). C'est aussi la seule application que je n'ai pas acheté dans le lot en raison de sa seule disponibilité sur iPhone (il faut noter qu'elle est très très noté sur les différents stores où elle est proposée avec une moyenne de 4 étoiles sur 5). Ce qui en soit est une aberration pour une application de ce genre. L'iPad avec son écran de 10 pouces aurait été le choix logique pour créer, consulter, annoter les différents layouts de la PSP, NPPL ou Millennium Series. Vous vous voyez sérieusement au bord du terrain à 7 ou 8 personnes autour d'un écran d'iPhone ? Ridicule. Toutefois, une version iPad est dans les cartons, peut-être pour le lancement de la saison 2012 ?

Finalement, l'année 2011 peut-être considérée comme la première année où le monde du paintball aura pris le train déjà en marche de l'hyper-mobilité et de l'hyper-connectivité (pleins de mots savants, j'en fais pas trop ?).

 

Edit : Petite correction par rapport à mon commentaire concernant l'impossibilité de faire fonctionner l'app XPaint sans connexion wifi. Anonyme m'a confirmé que le tout fonctionnait sur sa tablette et après une réinstallation de ma part, tout est rentré dans l'ordre. Merci à lui ))

mercredi 25 janvier 2012

Smart Parts, le retour ?

Depuis quelques mois, une nouvelle société a fait son apparition sur le marché du paintball US et a mis en vente de nouveaux lanceurs. Quel rapport avec Smart Parts me direz-vous ? Les frères Gardner bien sûr !

Tout a commencé il y a plusieurs mois, lorsqu'un nouveau produit appelé Gog Paintball a fait son apparition. Il s'agissait de graisse pour lanceurs, et déjà à l'époque, le nom des anciens propriétaires de la célébrissime Smart Parts était apparu. Il n'en fallait pas plus pour lancer la machine à rumeurs et lancer les spéculations les plus folles dont celle du retour des frangins sur la scène paintball. Seulement cette fois-ci, la rumeur s'est concrétisée et en un temps record.

La société Gog Paintball propose d'ores et déjà plusieurs types de lanceurs orientés compétition et scénario. La particularité de ces lanceurs est d'être construit autour des technologies du Ion, du Vibe ou encore du SP-1. Autre point commun, le pas de vis Ion et expliquant du même coup la vente de malettes Freak par Gog Paintball.

Si vous êtes curieux, vous pouvez toujours jeter un oeil sur leur site internet ou encore pour les anglophones, leur forum hébergé par l'incontournable PB Nation.